© 2016 Clinique Vétérinaire Mont-Tremblant. Tous droits réservés. 

 

 

Les problèmes des voies urinaires dites inférieures (vessie et/ou urètre) sont fréquents chez les chats et peuvent malheureusement avoir des conséquences fatales. Les jeunes chats (1 à 6 ans) sont plus fréquemment atteints. Le ‘’syndrome urologique félin’’ englobe différents types de problèmes urinaires :

  • Infection urinaire : L’infection urinaire simple chez le chat est rare (environ 2%). Souvent, l’infection est secondaire à une autre condition.
  • Cristaux urinaires : Les cristaux (ou ‘’sable’’) urinaire sont très fréquemment observés. Différents types de cristaux existent ; les struvites et les oxalates de calcium étant les plus fréquemment observé chez les félins.
  • Calculs urinaires : Les calculs (ou ‘’pierre’’) urinaire sont fréquents chez les chats. Ils se développent secondairement à la présence de cristaux dans l’urine. Développer un calcul vésical prend plusieurs semaines à plusieurs mois.
  • Cystite interstitielle ou idiopathique : Il s’agit d’un problème fréquemment observé chez les félins. La condition consiste en l’inflammation de la paroi de la vessie, causant ainsi les mêmes symptômes que les autres problèmes urinaires cités ci-haut.
  • Tumeur vésicale : Les cancers de la vessie peuvent aussi causer des signes cliniques semblables aux maladies précédentes et sont plus fréquemment observés chez les animaux âgés.

 

 

FACTEURS DE RISQUE

 

De multiples facteurs peuvent prédisposer aux problèmes urinaires :

  • L’alimentation est l’un des principaux facteurs. En effet, la teneur en minéraux d’une diète influencera le pH de l’urine. Un pH urinaire anormal favorise la formation de cristaux et par conséquent, de calculs urinaires.
  • Une faible fréquence des mictions résultant en une urine concentrée est un facteur important impliqué dans le ‘’syndrome urologique félin’’. Ceci est souvent secondaire aux facteurs suivants : obésité, faible niveau d’activité, froid, litière souillée et confinement.
  • Les animaux obèses sont prédisposés au ‘’syndrome urologique félin’’.
  • Certaines conditions médicales ou l’administration de certains médicaments augmentent le taux de calcium dans le sang et ainsi, prédisposent aux cristaux / calculs d’oxalates de calcium.
  • Certaines races sont prédisposées à la formation de cristaux ou de calculs urinaires. Notamment, les persans, himalayens et burmeses ont tendance à développer des oxalates de calcium.
  • Le stress semble prédisposer à la cystite interstitielle, bien que son effet n’ait pas été prouvé. La cause exacte de cette condition reste encore inconnue. Les chats d’intérieur, particulièrement dans les maisons ‘’multi-chats’’ semblent développer plus souvent ce problème.
  • La saison semble aussi influencer l’incidence du syndrome qui s’avère observé plus fréquemment au printemps et à l’automne.

 

 

SIGNES CLINIQUES

 

Les symptômes associés au ‘’syndrome urologique félin’’ sont les suivants : pollakiurie (mictions plus fréquentes – ‘’miction’’ désignant l’action d’uriner), hématurie (sang dans l’urine), dysurie (urine en plus petite quantité) et strangurie (douleur à la miction). Ceci peut se manifester par des mictions à des endroits inappropriés dans la maison, du léchage excessif au niveau des parties génitales et des vocalisations durant la miction.

 

Les problèmes urinaires deviennent inquiétants lors d’une obstruction par des cristaux, calculs ou bouchon de mucus. On parle alors d’un blocage urinaire, qui se caractérise par l’incapacité d’uriner. Celui-ci peut être partiel (l’animal fait du goutte à goutte) ou complet (l’animal n’urine plus du tout). Ceci survient plus souvent chez les chats mâles castrés car leur urètre (canal reliant la vessie au pénis) est plus petit et donc, plus propice à une obstruction. Cependant, les chattes peuvent aussi souffrir de blocage urinaire. Les signes cliniques d’un chat ‘’bloqué’’ seront différents : la dysurie, strangurie et hématurie peuvent être présents mais nous pouvons aussi observer une douleur abdominale, de la léthargie ou faiblesse, des vomissements, de l’anorexie, des vocalisations excessives, un pénis extériorisé, etc. Les animaux décèdent de cette condition en 24-48h. Le décès est secondaire à un arrêt cardiaque causé par une augmentation dans le sang du potassium qui est normalement excrété dans l’urine.

 

 

DIAGNOSTIC

 

Différentes procédures diagnostiques existent afin de mieux connaître l’origine du ‘’syndrome urologique félin’’. L’analyse d’urine (urologie) permet de détecter la présence d’une infection ou de cristaux urinaire. La radiographie quant à elle, permet d’évaluer la présence de calculs dans le système urinaire (reins, uretères, vessie et urètre). L’échographie permet d’évaluer la paroi de la vessie lors de suspiçion d’une tumeur ainsi que la présence de calculs dans la vessie (certains calculs ne sont pas visibles sur radiographie). L’urine peut d’ailleurs être prélevée directement dans la vessie à l’aide de l’appareil à échographie à des fins d’analyse. En cas de suspiçion d’infection urinaire, une culture bactérienne afin d’isoler la bactérie en cause et décider du meilleur antibiotique à administrer pourrait être recommandée. Les calculs urinaires retirés via chirurgie devraient être analysés afin de mettre en évidence les types de cristaux impliqués dans la formation du calcul. Souvent, les calculs peuvent être formés de plusieurs types de cristaux et de bactéries. La cystite interstitielle, quant à elle, est un diagnostic d’exclusion c’est-à-dire que nous concluons à cette condition lorsque les autres possibilités sont éliminées. Dans cette situation, les tests s’avèrent tous négatifs.

 

 

TRAITEMENT

 

Le traitement dépendra de la condition sous-jacente. Cependant, tous ces problèmes urinaires bénéficieront d’une augmentation de la fréquence des mictions ainsi que d’une correction du pH urinaire, si anormal. Les diètes urinaires (Urinary S/O, c/d, Ur StOx) sont justement conçues pour rétablir un pH urinaire normal, ce qui permet de dissoudre ou de cesser la formation des cristaux urinaires. Idéalement, cette diète est administrée en canne car elle s’avère ainsi plus hydratante. Une bonne hydratation favorisera une augmentation de la fréquence des mictions et ainsi, l’élimination des débris, bactéries et cristaux urinaires. Néanmoins, en plus de la diète, il est recommandé de stimuler votre chat à boire.

 

Voici quelques trucs pour augmenter la consommation d’eau de votre chat :

* Changer l’eau des bols plusieurs fois par jour car les chats préfèrent l’eau fraiche

* Utiliser une fontaine

* Mettre de multiples bols dans différentes pièces de la maison

* Utiliser des bols en céramique car la fraicheur est mieux conservée

* Utiliser de plus grands bols ou des assiettes

* Mettre des glaçons dans l’eau

 

 

Certains cristaux (struvites seulement) peuvent être dissous à l’aide d’une diète acidifiante. Le principe de cette diète est de diminuer le pH de l’urine ce qui a pour conséquence de dissoudre ces cristaux. Malheureusement, les autres types de cristaux ne peuvent être dissous. Dans cette situation, une diète urinaire de maintien permet d’éviter la progression de la condition mais les cristaux déjà présents devront être évacués par miction ou cathétérisation s’il y a blocage urinaire. Quant aux calculs urinaires, peu importe le type, leur retrait en chirurgie (cystotomie) est la recommandation première. 

 

 

Déblocage urinaire : La procédure de ‘’déblocage’’ consiste à la mise en place, sous sédation profonde ou anesthésie générale, d’un cathéter stérile reliant l’embouchure de l’urètre au niveau du pénis / vagin à la vessie. À l’aide d’une pression avec de la saline stérile, les cristaux et / ou les calculs pris dans l’urètre sont ainsi repoussés dans la vessie. Si seuls des cristaux sont présents, de multiples lavages de la vessie via le cathéter sont par la suite effectués et le cathéter urinaire est laissé en place pendant 24/48h suite à la procédure. Cependant, si des calculs urinaires sont présents, une chirurgie suivant le déblocage urinaire doit être envisagée afin d’aller retirer ces calculs.

 

 

Les infections urinaires sont traitées par antibiotiques. Par contre, étant donné que les infections simples chez le chat sont rares, la condition sous-jacente doit aussi être adressée.

 

 

Quant à la cystite interstitielle, cette condition est auto-limitante (c.-à-d. qu’elle guérit d’elle-même). Cependant, l’administration d’antidouleurs pour le confort de l’animal ainsi qu’une diète urinaire humide sont recommandées afin d’accélérer la guérison. Étant donné que le stress semble être un facteur de risque, l’enrichissement de l’environnement est recommandé (phéromones, activité, fenêtre, etc).

 

 

PRONOSTIC

 

Environ 70% des chats atteints du ‘’syndrome urologique félin’’ auront des récurrences si aucune mesure de prévention n’est mise en place et respectée par les propriétaires. Lors d’un déblocage urinaire, 30% des chats peuvent ‘’rebloquer’’ dû à l’inflammation, les spasmes de l’urètre, les cristaux restants, etc. Ceci survient plus fréquemment dans la semaine suivant le déblocage.

 

 

PRÉVENTION

 

Malgré ces mesures de prévention, certains chats continueront d’avoir des épisodes de problèmes urinaires. Si tel est le cas, des analyses d’urine régulière (aux 3 à 6 mois) sont recommandées afin de dépister de manière précoce ces problèmes.

  • Dans le cas de cristaux ou calculs urinaires, la diète urinaire est recommandée à long terme et ne devrait pas être cessée sans l’accord d’un vétérinaire
  • Les gâteries et nourriture de table devraient être évitées car plusieurs aliments sont néfastes pour la santé urinaire.
  • Stimuler la consommation d’eau et/ou donner une diète humide permet d’augmenter la fréquence des mictions et ainsi, diminuer le risque de récidives.
  • L’environnement de votre chat devrait minimiser son stress.
  • La litière doit être nettoyée à chaque jour. Dans une maison avec plusieurs chats, plusieurs litières sont recommandées (idéalement, une litière de plus que le nombre de chats). 
  • Les chats avec un surplus de poids doivent être mis sur un programme de perte de poids.
  • L’augmentation du niveau d’exercice quotidien est recommandée.
  •